Fuite de données médicales : 15 millions de Français victimes d’une cyberattaque majeure
Une fuite massive de données médicales a été révélée récemment, touchant entre 11 et 15 millions de patients français, selon une enquête menée par France 2. Cette violation de données personnelles provient d’une cyberattaque ciblant le logiciel MLM, utilisé par environ 3 800 médecins de ville, édité par Cegedim Santé.
Fin 2025, des activités anormales sur les comptes utilisateurs ont été détectées, impliquant près de 1 500 praticiens. Les données compromises incluent non seulement des informations administratives telles que noms, prénoms, dates de naissance, adresses et numéros de téléphone, mais aussi des données médicales sensibles, comportant des annotations confidentielles sur la santé et la vie privée des patients.
Nature des données exposées lors de la fuite de données médicales
Les informations piratées comportent des données extrêmement sensibles. Parmi elles, figurent des remarques de professionnels de santé portant sur l’état émotionnel, des diagnostics délicats, et des détails sur l’environnement familial ou les croyances religieuses, ce qui pose d’importantes questions concernant la confidentialité et la protection des données personnelles.
| Type de données | Exemples | Implications pour la vie privée |
|---|---|---|
| Données administratives | Nom, prénom, adresse, téléphone, emails | Risque d’usurpation d’identité et démarchage frauduleux |
| DonnĂ©es mĂ©dicales sensibles | Diagnostic VIH, indication d’orientation sexuelle, notes sur santĂ© mentale | Exposition Ă la stigmatisation, chantage et violation du secret mĂ©dical |
| Annotations confidentielles | Observations sur l’entourage familial, croyances religieuses | Atteinte à la vie privée et risque de discrimination |
Cegedim affirme avoir pris des mesures adaptées dès janvier 2026 en alertant les médecins concernés pour assurer la notification à la CNIL et informer les patients. Une plainte a également été déposée auprès du procureur de la République pour ce cas de cybersécurité.
Recommandations médicales et cyber-sécurité : Les gestes à adopter face à une violation majeure
Le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo, rappelle que même sans certitude d’être dans la base piratée, les patients concernés doivent adopter des mesures immédiates pour limiter les risques liés à la fuite de données.
Protéger sa vie privée : Les démarches prioritaires en 24 heures
- Surveiller toutes les notifications officielles de la CNIL, Assurance Maladie, et des éditeurs de logiciels médicaux pour savoir si l’on est concerné.
- Éviter de répondre aux sollicitations douteuses : mails, SMS ou appels prétendant venir d’organismes de santé demandant des informations ou incitant à cliquer sur des liens.
- Vérifier ses comptes bancaires et en ligne (banque, mutuelle, portails santé) et activer les alertes pour détecter toute activité suspecte.
- Modifier rapidement les mots de passe des comptes sensibles, en privilégiant des combinaisons uniques et complexes avec double authentification.
- Faire opposition en cas de paiement anormal et demander de nouveaux moyens de paiement Ă sa banque.
- Déposer plainte en cas de suspicion d’usurpation d’identité et consulter les plateformes spécialisées comme Cybermalveillance.gouv.fr.
Ne jamais divulguer d’informations médicales sur des canaux non sécurisés
Le secret médical doit être strictement protégé. Cela implique :
- Ne jamais envoyer de documents médicaux ni d’ordonnances via messagerie non chiffrée, réseaux sociaux ou email sans vérification préalable.
- Refuser toute demande tĂ©lĂ©phonique non vĂ©rifiĂ©e quel que soit l’interlocuteur qui se prĂ©sente.
- Être vigilant aux risques de chantage, surtout en cas de données très sensibles comme VIH, addictions ou santé mentale.
- En cas de menace, ne jamais négocier seul : déposer plainte et alerter la CNIL ainsi que l’Ordre professionnel si nécessaire.
Les facteurs de multiplication des fuites de données médicales en France
Selon le Dr Kierzek, plusieurs éléments expliquent la recrudescence des violations de données dans le secteur sanitaire :
- Numérisation rapide et massive : dossiers médicaux informatisés, téléconsultations, objets connectés.
- Sous-investissement chronique en cybersécurité dans les établissements et cabinets, avec des outils obsolètes et peu de personnel dédié.
- Valeur économique élevée des données de santé sur les marchés illicites, utilisées pour le ciblage publicitaire, les assurances et le chantage.
- Professionnalisation des cybercriminels, privilégiant les ransomwares, phishing et attaques opportunistes sur des cibles peu protégées.
Impacts et risques liés à l’hébergement des données en France et à l’étranger
La réglementation française impose que les hébergeurs de données sanitaires soient certifiés HDS (Hébergeur de Données de Santé), garantissant un haut niveau de sécurité et de traçabilité. Cependant, beaucoup de petites structures utilisent des services non certifiés ou situés à l’étranger, impliquant :
- Risques liés à l’application de législations étrangères comme le Cloud Act.
- Contrôle réduit par les autorités françaises et les patients.
- Complexité accrue dans les garanties de protection et la conformité RGPD.
Il est recommandé de favoriser les outils mentionnant clairement une hébergement HDS en France ou une conformité stricte RGPD avec hébergement en Union européenne.
Bonnes pratiques pour renforcer la protection de vos données médicales au quotidien
En dépit de la responsabilité principale des professionnels de santé et des éditeurs, les patients peuvent agir pour limiter l’exposition de leurs données :
- Limiter le nombre de plateformes utilisées pour accéder à ses données médicales et privilégier les outils institutionnels tels que le Dossier Médical Partagé (DMP) ou Mon espace santé.
- Adopter une hygiène numérique rigoureuse en utilisant des mots de passe robustes, un gestionnaire de mots de passe et la double authentification.
- Ne pas stocker d’ordonnances ou documents sensibles dans des espaces non sécurisés tels que messageries non chiffrées ou drives partagés.
- Éviter les conversations médicales sur des plateformes dont les contenus sont exploités à des fins publicitaires.
| Recommandations | Description |
|---|---|
| Limitation des comptes | Réduire la multiplication des accès aux données médicales pour diminuer les points de fuite potentiels. |
| Hygiène numérique renforcée | Utilisation de mots de passe complexes, gestionnaire de mots de passe et double authentification obligatoire. |
| Stockage sécurisé | Éviter les dépôts de documents sensibles sur des plateformes non certifiées ou non chiffrées. |
| Communication prudente | Attention à la confidentialité lors des échanges sur des messageries gratuites ou réseaux sociaux. |
Ces conseils constituent des piliers indispensables pour préserver la confidentialité et la sécurité informatique des données sensibles face à la multiplication des violations et de la cybercriminalité dans le domaine sanitaire.
Expert en vĂ©hicules Ă©lectriques et passionnĂ©e par l’innovation, je suis spĂ©cialisĂ©e dans l’univers Tesla depuis plus de cinq ans. Ă€ 30 ans, j’accompagne les particuliers et les entreprises dans leur transition vers une mobilitĂ© durable, en offrant des conseils sur les modèles, l’autonomie et les infrastructures de recharge. Mon objectif est de rendre l’expĂ©rience Tesla accessible et agrĂ©able pour tous.

